Ça s’appelle le Kit de démarrage en français, mais ce que j’ai dans les mains, c’est la version anglaise, disponible sur le site de Free League.
Je regardais avec un certains manque d’intérêt le jeu de rôle Alien de Free League jusqu’au moment où, sans trop comprendre pourquoi, ça m’a paru génial et essentiel de jouer à ce jeu. Et je ne sais plus bien ce qui a provoqué le déclic. Je peux en revanche vous expliquez pourquoi ce jeu de rôle est fabuleux selon moi, en particulier le mode cinéma que l’on retrouve dans les boîtes, dont la première est le Starter Set. Je ne parlerai pas du mode campagne qui a l’air très bien aussi, mais qui demande plus de travail (et que l’on retrouve plus en détail dans le livre de base). Le mode cinéma, ce sont des scénarios calibrés avec des prétirés ayant chacun des objectifs différents. Il n’y a quasiment aucune préparation pour le MJ, il faut juste assimiler l’ensemble des infos de cette belle boîte à outil qu’est le Starter Set. C’est une chose que j’adore dans cette boîte.
L’autre chose que j’adore, comme je l’ai déjà dit, c’est le mode cinéma, parce qu’on se croit dans un film Alien.
-
Comme dans les films, on meurt vite. Déjà les jeux Free League sont souvent plutôt punitifs et mortels, mais là...
-
C’est que comme dans les films, les xénomorphes sont redoutables. N’espérez pas trop sortir vivant de votre rencontre avec l’un d’entre eux.
-
Comme dans les films, chaque personnage a un objectif. Durant le jeu on distribue des objectifs aux personnages. Ces objectifs sont mis à jour à chaque jalon du scénario (il y a trois actes en tout) et oui, il y a des oppositions, des surprises ou de la traîtrise.
-
Comme dans les films, on peut paniquer. Le moteur an zéro a été modifié de manière à inclure une dimension de stress. À chaque fois que vous forcez votre chance, vous ajoutez un dé de stress à votre réserve de dé. Cela vous donne plus de chance de réussir, mais sur un 1 lancé sur un dé de stress, vous pouvez paniquer. Il faut jeter 1d6 + niveau de stress. À partir de 7 vous paniquez, plus le score est haut, plus la panique vous met dans la panade. La tension monte, comme dans les films et vous craquez, comme dans les films.
Et là vous me direz, « mais alors comment faire jouer ça si tout le monde meurt ? »
Parce que oui, si vous êtes le pauvre gars à mourir au début du film, comment vous vous amusez jusqu’à la fin ? Il y a plusieurs possibilités. Soit on peut prendre la peau d’un PNJ soit on regarde la fin se dérouler un sourire au lèvre comme aux Loups-garous de Thiercelieux.
Et bien sûr vous enchaînez : « mais s’il y a des traîtres, c’est pas un problème le PvP ? »
Alors oui peut-être. Il faut bien prévenir les gens avant. Dans certains cas il est recommandé qu’un personnage devienne un PNJ s’il révèle un antagonisme total aux autres joueurs (eg en en tuant un). Dans tous les cas, il faut prévenir les joueurs à l’avance. Si on accepte le fait qu’on pourra se faire tuer par un autre joueur et que ça fait parti du jeu, et bien vous êtes bons pour jouer !
Et c’est là que vous me direz un truc qui me fait plaisir : « mais en fait, c’est pas limite un jeu de plateau ? »
Alors oui, ça me fait beaucoup penser à ça. On n’est moins dans un jeu où il n’y a pas de gagnant, on est dans un jeu où les joueurs cherchent à survivre, et ceux qui y arriveront auront forcément l’impression d’avoir un peu gagné la partie. Il y a un côté Junta ou Diplomatie dans une partie cinéma d’Alien. On forme des alliances fragiles qui peuvent casser comme un rien. Cela dit, on reste dans un jeu de rôle, parce qu’à la fin on aura raconté une histoire, dont la mort des personnages fait pleinement partie.
Mais ce qui me fait le plus penser à un jeu de plateau, c’est que j’ai l’impression qu’on peut refaire plusieurs fois le même scénario de la boîte de base, un peu comme si on jouait à Space Hulk ou qu’on essayait de refaire un niveau de jeu vidéo. Alors oui, vous connaîtrez déjà certains rebondissement, mais vous ne saurez pas forcément qui est la sorcière ou la petite fille. Mieux, on peut facilement réorganiser les hostiles et surprendre à nouveau les joueurs.
« Oui, mais moi je trouve que Promotheus et Alien: Covenant, c’est de la merde. Est-ce que c’est plus comme les premiers films ou comme les derniers ? »
Le jeu se base sur l’environnement de cinq films : Alien, Aliens, Alien 3, Promotheus et Alien: Covenant. Le livre de base contient tout ce qu’il faut pour écrire des histoires en ignorant les films de ce siècle. Cela dit, ce n’est pas le cas de la boîte de base qui comprend pas mal d’élément des deux derniers films et qui ne peuvent pas facilement être enlevés. Mais pour moi, on est dans ce scénario dans une ambiance très proche du premier film. Sans trop dévoiler l’intrigue, c’est un cargo qui répond à un appel de détresse. Moi avec un début comme ça, je signe tout de suite.
Dans la boîte de base vous avez tout ce qu’il faut pour jouer : un résumé des règles, des dés, un scénario et des aides de jeux. Dans les boîtes suivantes vous n’avez que le scénario et les aides de jeu. Les règles de la boîte de base sont suffisantes pour jouer les scénarios des boîtes. Pas besoin d’investir dans le livre de base (moi je l’ai fait parce qu’il est chouette).
Globalement, les livrets sont bien écrits, bien mis en page et jolis. On se retrouve à faire beaucoup d’aller et retour dans le scénario, j’ai collé des marques pages partout pour m’y retrouver.
« Mais vous n’avez rien à dire de négatif à dire sur ce jeu ? »
Mhmm... Ok, soyons un peu négatif. Les fiches des prétirés sont imprimés sur un papier au grammage trop léger. Quelque chose d’un peu cartonné aurait été préférable. Tout est en papier glacé. Ce qui veut dire qu’à cette heure je vois mes traces de doigts sur tous les documents. Tout ceux qui auront lu OSE trouveront que l’information pourrait être mieux organisée (mais je n’en veux pas trop à Alien, parce que OSE met la barre très haut en terme d’organisation, on peut dire ça de quasiment tous les jeux de rôles qui ne sont pas OSE en fait).
Pour conclure, je dirais que je suis très emballé par le jeu de rôle Alien et par la capacité de Free League à développer des boîtes à outils clef en main pour faire jouer des parties passionnantes et amusantes.