2024-07-17, temps de lecture : 6 mn.

Je vous rassure tout de suite, je ne vais pas répondre à la question du titre de manière définitive. Je vais juste dire que si comme moi, Elysium était le jeu Mutant: Year Zero qui vous intéressait le moins parce que jouer des humains a l’air moins original ou amusant que jouer des mutants, des robots ou des animaux et bien vous risquez d’être surpris en le lisant. Je me demande si Elysium n’est pas en passe de devenir mon jeu Mutant: Year Zero préféré. C’est ce que je vais essayer d’expliquer ici.

C’est quoi Elysium ?

À l’origine le monde de Mutant permet de jouer des personnages vivant dans un monde reconstruit après l’apocalypse. On peut jouer dans ce monde des mutants, des mutants psy, des mutants animaux, des robots ou des humains. On joue dans une nation appelée la communauté de Piry (Pirysamfoundet) dirigée par l’empereur Maximilien et dont la capitale est Hindenburg. Ce pays est grossièrement constitué du sud de la Suède sans la Scanie. Certaines parties sont durablement polluées par les destructions du monde précédents. Ce sont les zones, autour de Stockholm, Malmö. Mutant: Year Zero est la préquelle de cet univers. Chaque jeu vous fait jouer un type de protagoniste (mutant, mutant animal, robot, humain), au début isolé, avant qu’il découvre le monde autour de lui. On peut poursuivre le jeu avec des campagnes mêlants tous types de personnages (la mort grise, ad astra).

Elysium est un jeu écrit par Tomas Härenstam et Thomas Johansson, la couverture du jeu est de Simon Stålenhag et les illustrations intérieures de Reine Rosenberg.

Elysium est une enclave souterraine qui rappelle par bien des aspects la cité puit de John Difool dans l’Incal. Cette enclave est issu d’un des titans, les super pouvoir qui se sont formés après la disparition des hommes de la surfaces de la terre et qui se sont menés à leur tour une guerre dévastatrice. Les quelques 10000 habitants de l’enclave sont persuadés d’être les derniers survivants de l’humanité. Les conditions sont durs dans l’enclave, on a du mal à maintenir la production, les conditions se dégradent, pourtant l’humanité, ne pouvant pas sortir à la surface polluée doit y survivre. Le pouvoir politique est autoritaire et corrompu. Quatre grandes familles se disputent l’influence et le contrôle de l’enclave. Les personnages de vos joueurs incarneront chacun un membre d’une de ces familles. Ils formeront une patrouille de Judicateurs, des policiers censées maintenir la justice dans l’enclave et l’équilibre entre les familles.

Une équipe de judicateurs, dessin de Reine Rosenberg.

Le jeu se compose en tour où les judicateurs devront enquêter sur un problème particulier. On dispose de 8 crimes ou troubles fomentés par les familles sur lesquels les judicateurs seront missionnés . Au début de chaque session, on distribue des cartes décrivant ces crimes aux joueurs. Ceux-ci choisissent secrètement quel crime leur famille fomentera à ce tour. Ils votent ensuite en secret sur quel situation ils devront résoudre pour cette session. La valeur d’un vote dépend de l’influence d’une famille. Une fois le crime choisit, on joue l’aventure. Le joueur dont la famille a monté le coup devra empêcher l’enquête d’aboutir sans que les autres joueurs s’en rendent compte.

Lors de la création de personnage, les PJ choisissent des PNJ qu’ils devront protéger ou qu’ils détestent. Ces PNJ apparaissent dans chaque mission que les PJ auront à résoudre, compliquant encore plus les interactions et les choix qu’ils pourront faire.

Chaque crime dégrade la situation de l’enclave. Si l’enquête rate, la situation se dégrade encore plus, mais la famille à l’origine du crime verra son influence augmenter. Trois sessions seront consacrés à d’autres évènements que cette lutte de pouvoir, la dernière étant le grand final de la campagne.

Les joueurs ne jouent pas des gentils. Ils jouent des flicaillons dans un régime autoritaire et sont tiraillés entre leur devoir vis-à-vis de leur fonction et vis-à-vis de leurs familles. Au fur et à mesure que les mensonges d’Elysium leur seront dévoilés, ils pourront choisir entre rester fidèle à leur famille ou prendre une autre direction.

Dessin de Reine Rosenberg.

Les enquêtes sont courtes et incisives. Chacune est décrite sur trois quatre pages et sont très ouvertes. Tout dépendra des initiatives des joueurs et de leur chance aux dés. Toutes les issues sont possibles.

C’est sans doute pour ça que j’aime beaucoup cet opus de Mutant. L’équilibre entre une campagne avec une intrigue structurée et la liberté de jeu est sans doute un des meilleurs pour un jeu Free League (en sachant qu’ils excellent souvent dans ce domaine). Les intrigues courtes permettent de maintenir un rythme incisif, l’univers dystopique vous évoquera quelque chose entre Judge Dredd et Jodorowsky/Moebius/Christin. Bref, pour moi ce jeu est le meilleur Mutant: Year Zero (en sachant que les autres sont déjà excellents).

Il n’est sans doute pas sans défaut, en particulier dans le sens où il y a une forme de PVP. Il faudra être attentif à ce que tout le monde s’amuse et qu’un joueur ne soit pas trop défavorisé en n’étant pas trop souvent, par exemple, le joueur dont la famille monte un coup. J’ai un peu de mal à me représenter la géographie de certaines parties de l’enclave, en particulier les zones de non droit comme les catacombes, c’est un peu agaçant, j’aurais préféré quelque chose de plus clair de ce côté là.

Les échos avec Genlab Alpha sont particulièrement forts. C’est sans doute une bonne idée de jouer Genlab Alpha d’abord. Mes joueurs ayant joué Genlab Alpha auront sans doute une grosse émotion durant Elysium.

Comme d’habitude, le module Foundry est excellent. Arrivé tardivement, il bénéficie de toute l’expérience des précédentes moutures. Cela vaut vraiment le coup de le prendre, tous les lieux important ont leur scène, tous les PNJ, tout le matériel, les conditions, tout est déjà entré. On trouve même la campagne complète et on peut partager facilement les illustrations.

J’attaque cette campagne à la rentrée, et je suis extrêmement excité par la perspective de la mener.

Dessin de Reine Rosenberg.

Nicolas Legrand

Catégories : compte-rendu-critique

Mots clef : mutant-ar-noll vtt yze